Un phénomène victime d’une omerta bilatérale, le cas de la négrophobie au sein des pays du Maghreb.

Avant toute chose, il convient d’avertir le lecteur qu’un focus sur l’esclavage au Maghreb et par extension dans le monde musulman n’est pas là pour dédouaner toutes les autres formes de violences et oppressions dont sont victimes les noirs dans le monde.

En sortant des grilles de lecture habituellement énoncées sur le racisme que subissent les africains dans le monde, il y a une négrophobie qui fait beaucoup de dégâts sur les populations africaines. Celle-ci se situe paradoxalement sur le continent africain essentiellement sur sa partie septentrionale, au Maghreb. Une recrudescence médiatisée du racisme se fait sentir pour une bonne partie des subsahariens qui y séjournent pour diverses raisons, en déphasage avec l’image qu’ils se font faite en préambule de sociétés situées sur le continent. Bien des étudiants africains et noirs se retrouvent malgré eux, cibles prisées d’un racisme sociétal gangrénant les pays maghrébins. Une autre partie de la jeunesse africaine originaire du sud du Sahara cherchant refuge en Europe subie autant de méfait, ajoutant à cela une violence physique et sexuelle quotidienne.

La négrophobie des espaces arabomusulmans.

Être coreligionnaire ne suspend par ailleurs le racisme dans ses sociétés à majorité musulmanes. Qu’ils soient Maliens, Sénégalais, Nigérians et musulmans, divers récits et constats à un rapport de dominants dominés selon la teinte de l’individu. D’aucuns narrent même que la dichotomie s’exprime à son paroxysme dans certaines mosquées.

En Tunisie, il a fallu attendre un soir de décembre 2016 après l’agression raciste de trois étudiants congolais pour qu’une personnalité politique de premier plan en la personne du premier ministre tunisien Youssef Chahed concède qu’une loi contre le racisme anti-noir ( pléonasme tant le racisme a pour objet que les noirs essentiellement ) était nécessaire pour tenter d’endiguer ce mal qui ronge la Tunisie et qui semble si inhérent à une grande partie de la population. La loi a pris deux ans pour être votée. L’impérialisme occidental a bon dos par moments, lorsqu’il est question de mettre les populations d’Afrique du nord face à sa conscience collective empreint de mépris pour les hommes et femmes chargés en mélanine.

La question rhétorique qui advient désormais le plus souvent sur la relation des pays maghrébins vis à vis du continent africain est portée par leur appartenance à la communauté africaine, à savoir si le Maghreb se situant en Afrique donnait par analogie des maghrébins se sentant africains ?!

La versatilité du Maroc à s’inscrire officiellement dans un ensemble économique continental fixée depuis les années 70 est typique de ce genre de questionnement. Il va s’en rappeler que le roi du Maroc avait fait la première demande d’adhésion de son pays à la Communauté économique européenne en 1984 dans un but économique, commercial et politique, ce qui dénotait une certaine circonspection et une distance déjà amorcée avec le reste du continent, notamment sa partie subsaharienne. La demande sera rejetée en 1987 pour le motif géographique, mais cela n’empêchera pas la signature d’autres accords portant sur des partenariats essentiellement économiques entre le Maroc et l’UE.

On constate que dans un domaine aussi représentatif d’une société que peut l’être le sport et le foot notamment, le barrière d’une fraternité chimérique entre « noirs et arabes » tient peu. Dans les cas engageant l’intégrité physique des africains subsahariens, les agressions et les intimidations sont légions comme en avaient témoigné la mort – pas vraiment élucidée d’Albert Ebossé dans un stade algérien le 23 Août 2014 ou encore la confiscation de passeports par certains clubs maghrébins qui tiennent en otage les joueurs.

Dans une moindre mesure, cet aspect méprisant s’exerce beaucoup sur les réseaux sociaux lorsque des propos aboutissants systématiquement à un référentiel animalisant les noirs sont prononcés.

En ce sens, la coupe d’Afrique des Nations démontre que ce racisme s’exprime de façon supracontinentale pour des personnes s’identifiants comme maghrébins/arabes où qu’ils soient. Le plus inquiétant dans une société en proie à une situation de climat délétère c’est lorsque des représentants d’état et personnalités publiques sont amenés à user du populisme pour véhiculer les pires stéréotypes à l’encontre des populations africaines dans une situation précaire.

Nous avons eu l’exemple d’une directive d’état soutenue par le gouvernement algérien qui a fuité en novembre 2017 sur internet, celle-ci préconisait d’interdire l’accès des migrants illégaux aux transports publics, mais qui s’est vu être annulée après le tollé provoqué sur les réseaux sociaux. L’idée même d’une telle directive était d’ores et déjà appliquée par beaucoup de chauffeurs de bus et rencontrant l’approbation d’une bonne partie des populations locales.

En juillet 2017, le ministre algérien des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, avait de son côté soutenu Ahmed Ouyahia, chef de cabinet du président algérien Bouteflika, jugeant les migrants subsahariens comme « danger » pour la sécurité du pays. Un an avant ça, c’était Farouk Ksentini, président de la Commission nationale consultative pour la protection et la promotion des droits de l’Homme, qui avait appelé à l’expulsion des migrants subsahariens, les accusant de « propager le sida ainsi que d’autres maladies sexuellement transmissibles ». Encore dernièrement on a eu droits aux propos de la députée controversée Naïma Salhi qui estimait que les « migrants africains » étaient porteurs de maladies et sorcellerie.

On pourrait bien énumérer d’autres exemples, mais ce qu’il faut retenir concernant cette engeance avec leurs propos et pensées racistes, c’est qu’ils trouvent échos dans beaucoup de sociétés du Maghreb et du monde Arabe généralement. La cause d’une xénophobie devenue aussi expressive dans le nord du Sahara est pour certains analystes, expliquée par une immigration de plus en plus prononcée de la part de jeunes africains au Maghreb, au point où il n’est plus question de tenir compte du terme « racisme » mais de « sur réaction ». Ce faisant, ceci est un leurre, pour aller à rebours de cette justification de plus en plus agrémentée dans la société civile, une analyse des soubassements d’un racisme pluriséculaire sera nécessaire à cet effet.

La Libye : le marché aux esclaves.

On se souvient tous de l’automne 2017, quand la chaîne d’informations américaine CNN avec toute sa relative légitimité et déontologie journalistique puisées dans un eurocentrisme donnait l’aval au monde entier pour s’apitoyer sur le sort de plusieurs africains vendus comme esclaves.

Il nous était donné en images vidéo l’esprit de lucre et le racisme présent dans l’ancien antre de Mouammar Kadhafi, la Libye, où une horde de cupides s’adonnaient à la vente de noirs pour quelques centaines et milliers d’euros. Ils arrivent d’Afrique subsaharienne et ont pour objectif d’atteindre l’Europe, à n’importe quel prix. Sur la route bien avant la Libye, en Algérie ou au Niger par exemple, ils tombent aux mains des « passeurs » et autres trafiquants d’humains et se retrouvent parqués, vendus puis exploités comme esclaves. Main d’œuvre, objets sexuels, tortures, viols et mauvais traitements de toute sorte les attendent.

Après le temps de l’émotion passé, les plus opiniâtres cherchant une raison d’atténuer la responsabilité des acteurs et par extension des Libyens soutenaient la rhétorique incluant la chute de Kadhafi, et la détérioration d’un état – autrefois stable et autosuffisant – par les interventions militaires occidentales, ceci serait l’explication de la vilénie des arabes à l’encontre des noirs dans ce contexte. Or la vie des noirs en Libye même sous le guide, était un calvaire. Une forme d’anarchie régnait déjà lorsque la population locale avait à être en contact avec ces premiers. Déjà viticole à l’époque, la côte libyenne était connue pour être un lieu de transit afin d’accéder à l’Italie. De ce fait, des témoignages d’une défiance et un mépris racial de la population libyenne à l’égard des africains subsahariens était déjà très développés.

Mon demi-frère, étant passé en Libye en 2010, m’expliquait : « En Libye, les subsahariens sont traités comme des Wulu ( Chiens ) dans ce pays, il m’indiquait que des noirs étaient déjà vendus, bien que ce soit par d’autres africains parfois, les garants de ce système ont toujours été issus de la classe moyenne libyenne qui se satisfaisait d’un tel système. »

Il y a également lieu de saluer l’engagement permanent de John Dahl Carter, camerounais et résidant en Tunisie depuis plusieurs années. Il s’est entièrement consacré à la sensibilisation sur les dangers de l’immigration clandestine malgré les menaces de mort et les arrestations arbitraires.

Quatorze siècles sans interruption.

« Les seuls peuples à accepter l’esclavage sont les nègres, en raison d’un degré d’infériorité d’humanité, leur place étant plus proche du stade animal. »

– Ibn Khaldun

Cette pensée reflétait une attitude déjà raciste largement répandue dans le monde arabo-musulman. On reconnaît ici, sous la plume d’un intellectuel arabe, le vieux schéma décrivant les noirs comme un peuple barbares, sauvages et primitifs. Que les arabes aient asservi les Noirs à grande échelle du VIIe au XXIe siècle, donne des indices de la façon dont ils considéraient les noirs en tant que peuple.

La genèse de la relation entre africains et le monde arabo-musulman est vu sous plusieurs prismes, celle qui nous intéresse c’est la traite arabo-musulmane (ou Orientale) qui fût la première à vraiment avoir été institutionnalisée pour établir officiellement la soumission et l’infériorité des dits « païens » qui étaient en réalité les africains pratiquant leurs différentes religions ancestrales. L’Islam réprouvant l’esclavage sur des caractères purement physique mais pas religieuse, les habitants ciblés étaient lesdits « non-musulmans du continent africain » pour ceux qui souhaitaient dévoyer le message de paix et de fraternité qu’inculquait aussi leur religion pour pouvoir réduire en esclavage les noirs.

L’écrivain et anthropologue Tidiane Ndiaye dans son essai le génocide voilé, juge même que l’esclavage arabo-musulman avait un but génocidaire.

Les arabes ont ainsi razziés l’Afrique subsaharienne pendant près de 14 siècles. Les millions d’hommes et femmes qu’ils ont déportés ont presque tous disparus du fait des traitements inhumains, de l’infanticide et de la castration généralisée, pour qu’ils ne fassent pas souche dans le monde arabo-musulman. Si une grosse partie du continent noir est devenu musulman, c’est uniquement parce que la conversion à l’islam permettait d’échapper à l’esclavage.

L’historiographie contemporaine ne peut donc se soustraire à l’étude de la traite orientale des esclaves, le continent africain est depuis des siècles celui qui approvisionne le plus en esclaves. Et même si les formes de servitude ont existé en Afrique de tout temps comme partout dans le monde, les traites initiés par les européens et les arabes furent les plus dramatiques et cruelles, en s’inscrivant dans une politique économique bien poussé par les protagonistes. Le cas spécifique de la traite arabo-musulmane suivait une trajectoire géographique précise pour les captifs et leurs maîtres, et ce durant près d’un siècle. Elle suivait la route du Sahara ( où beaucoup ont péri ) en passant par l’Afrique du nord et la mer rouge pour finalement se terminer en Asie.

Cependant, l’émergence des états arabo-berbères musulmans diversifia les routes du Sahara, où plusieurs terminus étaient situés dans les grandes villes ou oasis maghrébins comme Sijilmasa ou Ouargla.

La Mauritanie : Un racisme d’état ?

À l’instar du Soudan, la Mauritanie est souvent épinglée par différentes ONG dont Amnesty International pour la pratique de l’esclavage qui sévit encore à l’intérieur du pays. Cet état rattaché l’ « Union du Maghreb arabe » présente une part importante de noirs ayant toujours eu leurs racines dans cette région, mais essentiellement dirigé par qui ont une certaine propension à se mettre des œillères devant un fait par une ribambelle d’activistes anti-esclavagistes et abolitionnistes mauritaniens dont une des figures importante est Biram Dah Abeid, qui depuis plusieurs années ne cesse d’être la cible des autorités mauritaniennes.

La lutte à l’encontre de ce système officiellement abolit depuis 1981 est encore d’actualité, il demeure en effet entre les interstices des lois régissant la Mauritanie, les règles catégorisant les différentes couches de la population la composant. On estime qu’il y a deux groupes assez bien distincts avec les Beydanes et les Haratines respectivement maures arabes et maures noirs qui constituent le groupes des Maures ( Les haratines étant assimilés depuis 3 siècles aux maures blancs à savoir les Beydanes ). Le deuxième groupe est celui des Négro-Mauritaniennes ( peuls, soninkés, wolof, etc. ) assujetties sur plusieurs générations.

Le système esclavagiste encore pratiqué et dénoncé concernant les deux groupes, plus particulièrement pour les Beydanes qui sont dans le système de caste, les supérieurs des Haratines, cette supériorité tenant sa sève de l’Islam se présente depuis des siècles par la pratique de l’esclavage dans cette région. La couche sociale la plus élevée en Mauritanie, les maures arabes, s’abeuvent tous les droits par rapport à une tradition en s’arrogeant la possibilité de maintenir sous leur joug des noirs qui parfois s’ignorent même. Le syndrome de Stockholm est malheureusement devenu l’apanage de certains esclavages Haratines, en deçà d’une perception de caste très présente dans bien des sociétés africaines de la région ouest-africaine, l’on constate que convaincre un esclave de la nocivité de sa condition n’est pas aisé lorsque ce dernier se conforme à des traditions religieuses et sociologiques qui ont été la sève de leur société actuelle.

L’interférence des gouvernements mauritaniens se situe dans le fait d’envoyer régulièrement des domestiques Haratines dans certains pays arabes du golfe, que l’on retrouve très souvent esclaves ( aussi sexuels ) dans les demeures des riches personnes arabes. Comme pour dire qu’il y a une forte connivence entre le gouvernement et la caste la plus élevée dans la société mauritanienne.

Conclusion

Depuis plusieurs décennies, le Maroc est devenu un pont important pour une jeunesse africaine en quête d’avenir meilleur. Au croisement d’une mondialisation promût par le capitalisme et la pauvreté qui s’imprègne sur une grosse majorité des populations africaines, ces jeunes n’aspirent qu’à une chose « aller à l’aventure », une épopée synonyme de ruée vers l’or se transformant souvent en calvaire pour les néophytes.

Les drames situés dans les enclaves espagnoles que sont Melilla et Ceuta – situées géographiquement au Maroc – depuis des décennies démontrent une corrélation entre les autorités Marocaines et européennes pour rendre ces lieux infernaux. Accéder à ces lieux représente – tristement – le graal pour les migrants cherchant l’Europe à leurs risques et périls.

L’altermondialiste Aminata Dramane Traoré nous fait part dans son livre L’Afrique humiliée des évènements violents à l’encontre de plusieurs centaines de migrants qui avaient tentés de franchir la barrière de Melilla en 2005 et qui furent pour beaucoup abattus par la police espagnole, tandis que d’autres étaient laissés à leur compte en plein désert par les autorités marocaines. Bien que le Maroc soit un point d’ancrage important pour les africains présents au Maghreb, on a pu constater que la difficulté des noirs en Afrique du nord fait effet de vase communiquant dans toute la région. Une fois ce constat tragique dépeint, l’indignation consommée et le némésis souhaité pour les actes endurés par la jeunesse africaine durant leurs multiples périples, il est primordial de mettre en lumière ce qui pousse une certaine jeunesse à mettre sa vie en péril.

L’accès très difficile au travail dans les zones urbaines dans les pays d’Afrique est la principale raison de l’exode massive de cette jeunesse hors de leurs pays d’origine, l’impression d’être laissés à l’abandon, ils n’ont plus rien à perdre lorsqu’après des études ils ne voient pas d’optique dans leur horizon professionnel, pire que ça, ils se rendent comptent que le despotisme, le favoritisme ne leur laissent aucune chance pour une quelconque évolution professionnelle selon ses propres capacités. Les élites censées être garants de leurs populations sont complétement défaillant quant aux réponses à apporter face à la fuite des talents.

Les responsabilités des présidents africains :

• Despotisme.

• Laxisme face aux différents traités imposés par les instances internationales.

• Manque d’investissement dans les infrastructures publiques que sont les écoles (comme les universités).

Un prisme occidental imposé au niveau de l’éducation, en décalage avec les besoins d’une population qui est unique selon les régions du monde, la Guinée ne peut reproduire un schéma scolaire identique à celui de la Finlande et en tirer les mêmes résultats, or c’est ce mimétisme qui est pratiqué par bien des présidents africains.

Si une prise de conscience régionale semble voire les jours depuis quelques années, c’est surtout grâce à la médiatisation de plusieurs épisodes racistes qui font échos en Europe. Bien que ce sujet ait toujours été couvert par plusieurs médias francophones, le public n’était globalement pas au rendez-vous, il faut alors souligner qu’à partir du moment où la traite orientale a été historicisée, la négrophobie au Maghreb n’a plus été perçue comme un amas de cas isolés, mais bien comme un phénomène socio-historique à part entière.

Actuellement, les noirs africains sont conscients des risques qu’ils encourent lors de leur passage en terres arabo-musulmanes, plusieurs vidéos sur les réseaux sociaux ou les médias africains alertent des mauvais traitements subis à l’étranger. Le monde arabo-musulman est vaste, le Maghreb a ses particularités que les pays du Levant (Liban, israël ou Palestine ou ceux de la péninsule arabique (Yémen ou l’Arabie-Saoudite) n’ont pas par exemple.


Référence:

N’DYAYE Tidiane, Le génocide voilé (Un livre, sur l’esclavage, les razzias négrières des Noirs d’Afrique par les Arabes, à lire impérativement.)

GORDON Murray, L’esclavage dans le monde arabe

HEERS Jacques, Les négriers en terres d’Islam VIIe-XVIe siècle

DRAMANE TRAORE Aminata, L’Afrique humiliée

Documentaires:

14 siècles d’esclavage, de barbarie et de traite arabo-musulmane https://youtu.be/4DaXgrPgsNY

Vente d’africains subsahariens comme esclave par des trafiquants en Libye https://youtu.be/dYseuWdv4aY

Marchands d’esclaves en Mauritanie – Arte https://youtu.be/Qybz9q9hxEs

Publicités

Un commentaire Ajouter un commentaire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s